Une approche rugueuse de la conscience

Incarno se veut le témoignage sensible d’une perception : l’engagement physique dans la peinture accompagne la naissance d’une expérience personnelle et existentielle de la rugosité. Au moyen de plis, de frottements, de projections et de coulures, il s'agit moins de représenter que de traduire ou d'exprimer, d'être le passeur de la puissance poétique de la plongée vers les infinis. Celle-ci fait traverser plusieurs états intimes, peuplés de blessures et de cicatrices. Il est enfin question d'un geste pictural, d’un “accident” évident qui fait surgir l’érosion et l’éveil.

Texte d'introduction à l'exposition "incarno", paris, décembre 2010
Pourquoi choisit-on de s'arrêter ici ? Le voyageur ne connaît pas à l'avance ce qu'il va rencontrer. Le touriste, lui, croit savoir et espère ce qui l'attend. Le plaisir naît de la surprise, même légèrement amère.
C'est une affaire d'emballage. Quel est donc ce breuvage que l'on me sert dans une bouteille sans étiquette ? A quel moment l'emballage a-t-il gagné ?
Genève-Quillan, Mai 2009
Pigeons, parfumés d'exclusion.
Lumière blafarde, ombre meurtrière.
Dignité asservie.
Fuir la condition animale.
Désir de sécurité.
Manufacture inepte.

Violence civilisée.
Visages & Humeurs, 2005
Des visages. Des monstres. Des inconnus. Des passants.
Déambulation. Personnages quotidiens.
Traits communs d'aujourd'hui.

Voyage urbain. Découvrir l'envers du masque.
Contemplation. Soupirs d'impuissance.

Face à l'urgence de la résistance et du cri.
Visages & Humeurs, 2005
Les arbres parlent entre eux.
Ils chantent et plaisantent.
Ils accueillent d'autres formes de vie dans leurs bras,
avec une hospitalité exemplaire.
Ecoutons-les.
Lorsque le corps disparaît dans la poussière, l'âme se redistribue. Elle retourne, morcellée, à son état originel de flottement. Ses éléments sont alors disponibles et peuvent être captés et rejoindre ainsi de nouveaux corps de passage.
le passeur, 2004-2009
Le système ne tient que parce qu'il pousse au crime.
Chaque gagnant engendre au moins un perdant.
le passeur, 2004-2009
J'ai toujours été intrigué par les villes-frontières. Celle-ci en est une, vieille bourgeoise refroidie, déjà éloignée de son orgueil et encore inconsciente de son inévitable affaissement.
Genève-Quillan, Mai 2009
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